Lâcher prise : 13 repères concrets pour mieux le pratiquer

Par Alain Zenatti | 28 mai 2026 | 9 min de lecture
Lâcher prise : 13 repères concrets pour mieux le pratiquer

Treize repères pour comprendre le lâcher-prise, ce qu'il n'est pas, et des exercices simples pour s'y entraîner.

Le lâcher prise, tout le monde en parle, mais combien de personnes savent vraiment le pratiquer ? Entre les injonctions bienveillantes (« arrête de te prendre la tête », « laisse aller ») et la réalité d'un esprit habitué à contrôler, il y a souvent un gouffre. Dans cet article, je vous propose 13 repères concrets pour mieux lâcher prise, ce que l'hypnose peut apporter pour les mettre en pratique, un exercice simple, et leurs limites. Ce ne sont pas des « règles » à appliquer à la lettre, mais des pistes à essayer selon ce qui vous parle.

Pourquoi c'est difficile, et ce n'est pas de votre faute

Si vous n'arrivez pas à lâcher prise, ce n'est pas parce que vous êtes faible, trop sensible, ou que vous manquez de volonté. Notre esprit associe volontiers le contrôle à la sécurité : anticiper, prévoir, maîtriser, c'est ce qui nous protège des dangers. Le problème est que ce réflexe de protection se déclenche aussi face à un embouteillage, à un message sans réponse ou à une relation qui change.

L'hypnose peut offrir un espace de détente où l'on s'entraîne à relâcher un peu cette vigilance. Je ne peux pas vous affirmer qu'elle « modifie » telle région du cerveau : les recherches existent, mais restent limitées, et je préfère ne pas en tirer de conclusions trop fortes.

Les 13 repères pour lâcher prise

1. Faire confiance au cours des choses

C'est souvent le plus difficile pour les personnalités anxieuses : accepter que tout ne soit pas sous son contrôle, et que ce soit supportable. On peut s'aider d'une image : on ne remonte pas le courant d'une rivière indéfiniment, parfois on se laisse porter.

2. Se permettre d'être soi

Le masque social pèse lourd : le professionnel parfait, le parent patient, l'ami toujours disponible. Être soi-même est une forme de lâcher prise : cesser de performer pour commencer à exister.

3. Ne pas ruminer le passé

La rumination, c'est regarder dans le rétroviseur en roulant à toute vitesse. La psychologue Susan Nolen-Hoeksema a beaucoup étudié ce phénomène et montré qu'il est associé à un risque accru de dépression. Pour s'en distancier, on peut apprendre à remarquer qu'on rumine, puis ramener son attention sur le présent. Si les ruminations sont envahissantes, parlez-en à un professionnel de santé.

4. Ne pas forcer les situations

Combien d'énergie gaspillée à vouloir forcer des portes fermées : une relation qui ne repart pas, un projet qui ne décolle pas, une personne qui ne veut pas changer. Se demander « Qu'est-ce qui dépend de moi ici ? » aide à lâcher ce qui ne dépend pas de nous.

5. Vivre l'instant et accepter l'incertitude

L'anxiété vit souvent dans le futur, la tristesse dans le passé. La pleine conscience, développée notamment par Jon Kabat-Zinn, propose de s'entraîner à ramener l'attention sur l'instant, ce qui aide certaines personnes à mieux supporter l'incertitude.

Un ancrage au présent

Nommez mentalement 5 choses que vous voyez, 4 que vous entendez, 3 que vous ressentez dans votre corps. Cet exercice simple interrompt un moment la spirale des pensées et ramène l'attention sur le présent. Vous pouvez l'essayer maintenant.

6. Se concentrer sur ce qui dépend de soi

C'est l'idée stoïcienne : Épictète distinguait ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas. Se concentrer sur le premier et relâcher le second économise de l'énergie. Ce n'est pas de la passivité, c'est un choix de priorités.

7. Ne pas chercher à tout prix l'approbation

Le besoin d'approbation est universel, mais quand il gouverne tous nos choix, il devient pesant. On peut travailler à assouplir la « voix intérieure » qui anticipe sans cesse le jugement des autres.

8. Exprimer ses émotions, avec mesure

Retenir une émotion demande un effort constant, comme tenir un ballon sous l'eau. Exprimer ne veut pas dire exploser : cela peut vouloir dire la nommer, en parler à quelqu'un, l'écrire. La suppression durable des émotions est généralement associée à plus de tension, même si les liens avec des symptômes physiques précis sont complexes et ne doivent pas être simplifiés.

9. Accepter que la perfection n'existe pas

Le perfectionnisme est l'un des visages du manque de lâcher prise. Il y a une différence entre viser un travail de qualité et ne jamais se sentir « assez bien ». On peut s'entraîner à fixer un seuil de « suffisamment bon » pour certaines tâches.

10. Apprendre à refuser sans trop culpabiliser

Dire non est une compétence sociale peu enseignée. Certaines personnes disent oui à tout par peur du conflit ou du rejet, et s'épuisent. Poser des limites claires et courtoises fait partie du lâcher prise : lâcher le besoin de plaire à tout prix.

11. Se détacher des résultats

Agir sans s'attacher au résultat est un principe de nombreuses traditions : donner le meilleur de soi, puis laisser les choses se dérouler. Ce n'est pas de l'indifférence, mais une forme de confiance, qui libère de l'énergie.

12. Chercher ce qu'une situation peut apporter

Il ne s'agit pas de « positivité toxique » (« tout va bien ») quand tout s'effondre. La psychologie parle de « réévaluation cognitive » : la capacité à réinterpréter une situation difficile, en se demandant ce qu'elle apprend. C'est une compétence qui s'entraîne, à condition de ne pas nier la souffrance.

13. Se pardonner et pardonner

Le pardon est souvent le plus lourd à appliquer, et parfois impossible ou inapproprié (surtout en cas de violence). Quand il est possible, il libère surtout celui qui pardonne. Rien n'oblige à pardonner, et rien ne presse.

Ce que l'hypnose peut apporter

Comprendre ces repères est un début. Les vivre, les ressentir dans le corps est un autre travail. L'hypnose offre un cadre de détente où l'on peut s'entraîner, en imagination, à relâcher une tension, à observer une pensée sans s'y accrocher, à se représenter une autre façon de réagir. L'hypnose ericksonienne ne force rien : elle propose, et la personne reste libre de ce qu'elle en fait. Les effets varient d'une personne à l'autre, et je ne peux pas vous promettre de résultat ni de nombre de séances.

Exercice d'auto-hypnose : relâcher le contrôle en 5 minutes

Installez-vous confortablement. Fermez les yeux. Prenez trois respirations lentes. À chaque expiration, imaginez que vous relâchez quelque chose : une tension dans les épaules, un poids dans la poitrine.

Visualisez ensuite une pensée ou une situation qui vous préoccupe. Donnez-lui une forme, une couleur, un poids. Imaginez-la posée devant vous, à distance : vous la voyez, mais elle ne vous envahit pas.

Dites-vous intérieurement : « Je n'ai pas besoin de résoudre ça maintenant. » Restez ainsi deux à trois minutes, puis ouvrez les yeux doucement.

Important : l'hypnose est une approche complémentaire, pas un substitut à un suivi médical ou psychologique. Si vous traversez une période de grande détresse, parlez-en d'abord à votre médecin ou à un professionnel de santé mentale. En cas d'idées noires, le 3114 est joignable 24 h/24.

Une pratique plus qu'un état

Le lâcher prise n'est pas un état que l'on atteint une fois pour toutes : c'est une pratique, comme la méditation ou le sport, qui se renforce avec la répétition et la bienveillance envers soi-même.

À retenir : lâcher prise n'est pas une faiblesse, c'est une compétence qui s'apprend progressivement. Si vous souhaitez être accompagné(e), vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange : je vous dirai honnêtement si l'hypnose me semble adaptée à votre situation.
Alain Zenatti
Hypnothérapeute, maître en hypnose ericksonienne
Cabinet Le Marais-Bastille https://novahypnose.fr

Questions fréquentes

Comment l'hypnose peut-elle aider à lâcher prise ?

Elle offre un cadre de détente et d'imagination pour s'exercer à relâcher le corps et à accepter une part d'incertitude. Je ne connais pas d'étude montrant qu'elle agit sur des « schémas de contrôle inconscients ». Les approches d'acceptation (ACT) et la pleine conscience sont mieux étudiées.

Combien de séances pour apprendre à lâcher prise ?

Les premiers changements se font en général assez vite, souvent dans les 3 à 5 premières séances, bien sûr le nombre de séances varie selon chacun et je ne peux pas annoncer de résultat. Cela dépend de la situation, de l'ancienneté des habitudes de contrôle et de ce que vous pratiquez ensuite.

Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?

Parce que contrôler rassure : on associe souvent contrôle et sécurité. Lâcher prise suppose de tolérer l'incertitude, ce qui s'apprend progressivement. Ce n'est pas un défaut de caractère.

Lâcher prise veut-il dire ne plus rien contrôler ?

Non. Il s'agit de distinguer ce qui dépend de vous de ce qui n'en dépend pas, et de concentrer son énergie sur le premier.

Peut-on pratiquer seul ?

En partie, oui : respiration, pleine conscience, auto-hypnose, exercices d'acceptation. Si le besoin de contrôle s'accompagne d'une forte anxiété, de rituels ou de pensées envahissantes, un accompagnement psychologique est conseillé.