Comprendre la peur de conduire
Un peu d'appréhension au volant est normal, surtout dans une situation nouvelle. On parle de peur de conduire quand l'anxiété devient si forte qu'elle conduit à éviter : on ne prend plus l'autoroute, on refuse de conduire de nuit ou sous la pluie, on fait de longs détours pour éviter un rond-point, ou on laisse la voiture au garage et on s'organise autrement.
Cette peur prend des formes variées. Certaines personnes craignent de provoquer un accident, d'autres de perdre le contrôle, de faire un malaise au volant, d'être jugées par les autres conducteurs ou de se retrouver coincées sur une voie rapide sans pouvoir s'arrêter. Le corps, lui, réagit de la même manière : tension dans les épaules, mains crispées sur le volant, cœur qui s'emballe, attention qui se rétrécit.
D'où vient-elle ?
Il n'y a pas une seule cause. La peur peut apparaître après un accident, même léger, ou après avoir été passager d'une situation dangereuse. Elle peut aussi naître d'un apprentissage difficile, d'un long arrêt de la conduite, d'une période de stress ou d'anxiété plus générale. Parfois, aucune cause précise n'est identifiable, et ce n'est pas un obstacle pour avancer.
Ce que l'on sait des approches qui aident
Comme pour les autres phobies, l'approche la mieux étudiée est l'exposition progressive, souvent dans le cadre d'une thérapie cognitive et comportementale (TCC). On établit une liste de situations de conduite, de la plus simple à la plus redoutée, et on les affronte une par une, en restant assez longtemps pour que l'anxiété diminue.
Quand la peur fait suite à un accident et s'accompagne de souvenirs envahissants, de cauchemars, de sursauts ou d'un évitement massif, on peut être face à un stress post-traumatique. Dans ce cas, des approches spécifiques comme l'EMDR ou la TCC centrée sur le trauma sont les références, et il est important d'en parler à un médecin ou à un psychologue.
Enfin, un appui très concret est souvent sous-estimé : les cours de reprise de conduite proposés par de nombreuses auto-écoles. Avec un moniteur et une voiture à double commande, on reprend confiance dans un cadre sécurisé. C'est souvent un excellent complément à tout travail sur la peur.
La place de l'hypnose
L'hypnose ne remplace ni un moniteur, ni une thérapie du trauma. Elle peut cependant aider de plusieurs manières. Elle permet d'apprendre à relâcher les tensions et à retrouver une respiration calme, puis de répéter en imagination des trajets de plus en plus difficiles, dans un état de détente. Cette répétition mentale prépare la répétition réelle : quand on a déjà « vécu » plusieurs fois le trajet en imagination, sereinement, la première sortie paraît souvent moins impressionnante.
Le travail peut aussi porter sur les phrases intérieures qui entretiennent la peur, comme « je ne suis pas fait pour conduire » ou « je vais forcément paniquer », et sur l'image que l'on a de soi au volant. En séance, je cherche avec la personne des ressources qu'elle possède déjà, par exemple un domaine où elle se sent compétente et calme, pour les transposer à la conduite. Vous trouverez plus de repères sur la page hypnose et peur de conduire à Paris.
- Installez-vous confortablement, loin de la voiture, et fermez les yeux si vous le souhaitez.
- Laissez votre respiration ralentir, en allongeant légèrement l'expiration. Relâchez les épaules, puis les mains.
- Imaginez-vous assis dans votre voiture, à l'arrêt. Sentez le siège, le volant sous vos mains, sans les serrer.
- Imaginez un trajet très court et facile, une rue calme que vous connaissez. Roulez doucement en imagination, en gardant les mains souples et la respiration lente.
- Si l'anxiété monte, arrêtez la voiture en imagination, respirez, puis repartez quand vous êtes prêt.
- Garez-vous, coupez le moteur, et remarquez ce que vous ressentez d'avoir fait ce trajet. Ouvrez les yeux.
Répétez l'exercice plusieurs jours, puis allongez peu à peu le trajet imaginé. Ne le pratiquez jamais en conduisant. En cas de malaise, ouvrez simplement les yeux et arrêtez.
Reprendre le volant par étapes
Voici une progression possible, à adapter à votre situation :
- s'asseoir dans la voiture à l'arrêt, moteur coupé, quelques minutes, plusieurs jours de suite ;
- démarrer et rouler sur un parking vide, accompagné ;
- faire un petit trajet connu, à une heure calme, avec une personne rassurante ;
- refaire ce trajet seul, puis l'allonger ;
- introduire une difficulté à la fois : un rond-point, une voie rapide, la nuit, la pluie.
Notez votre niveau d'anxiété de 0 à 10 avant et après chaque étape. Ne passez à la suivante que lorsque la précédente est devenue confortable. Un recul ponctuel n'efface pas les progrès.
Combien de temps faut-il ?
Les premiers changements se font en général assez vite, souvent dans les 3 à 5 premières séances, bien sûr le nombre de séances varie selon chacun et je ne peux pas annoncer de résultat. Le plus important reste la pratique réelle entre les séances, même par petites touches.
Si vous souhaitez en parler, vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange. Je vous dirai honnêtement si l'hypnose me semble adaptée à votre situation, ou si un autre accompagnement doit passer en premier.