Qu'est-ce que la claustrophobie ?
Se sentir un peu à l'étroit dans un ascenseur plein est banal. On parle de claustrophobie quand la peur devient disproportionnée, qu'elle déclenche une forte détresse et qu'elle pousse à éviter : monter dix étages à pied, ne prendre le métro qu'aux heures creuses, refuser de s'asseoir au fond d'une salle, retarder un examen médical pourtant nécessaire.
Deux craintes reviennent souvent : celle de manquer d'air, et celle d'être pris au piège, sans pouvoir sortir. Le corps réagit comme face à un danger réel : cœur qui s'accélère, respiration courte, chaleur, vertige, besoin urgent de fuir. Ces sensations sont très désagréables, mais elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes. Elles retombent d'elles-mêmes, même si, sur le moment, on a l'impression qu'elles vont durer.
Le cercle de l'évitement
Le mécanisme qui entretient la claustrophobie est assez bien compris. Quand on évite l'ascenseur, on ressent un soulagement immédiat. Le cerveau retient alors la leçon suivante : « j'ai échappé au danger parce que j'ai évité ». La peur n'a jamais l'occasion d'être démentie, et elle s'étend parfois à d'autres lieux : le train, l'avion, la voiture dans un tunnel, un vêtement trop serré au col.
Ce que l'on sait des approches qui aident
Pour les phobies spécifiques, dont la claustrophobie fait partie, l'approche de référence est l'exposition progressive, menée dans le cadre d'une thérapie cognitive et comportementale (TCC). On construit avec le thérapeute une échelle de situations, de la plus facile à la plus difficile, et on y fait face par étapes, assez longtemps pour constater que l'anxiété baisse. L'exposition en réalité virtuelle est aussi utilisée par certains praticiens.
La TCC travaille également sur les pensées qui alimentent la peur, comme « je vais étouffer » ou « je ne pourrai pas sortir », pour les confronter aux faits : un ascenseur n'est pas hermétique, l'air s'y renouvelle, et une cabine bloquée reste un lieu sûr en attendant l'intervention.
La place de l'hypnose, en complément
L'hypnose ne remplace pas une TCC. Elle peut en revanche accompagner ce travail de plusieurs façons. D'abord, elle permet d'apprendre un état de détente que l'on peut retrouver plus vite avec l'entraînement. Ensuite, elle offre un espace pour répéter en imagination une situation redoutée : on s'imagine entrer dans l'ascenseur, sentir la porte se fermer, respirer calmement, puis sortir à l'étage voulu. Cette répétition mentale prépare souvent l'exposition réelle et la rend plus abordable.
En séance, je m'appuie aussi sur des images que la personne choisit elle-même : une sensation d'espace intérieur, un lieu ouvert, une bulle d'air autour de soi. L'idée n'est pas de « faire disparaître » la peur d'un coup, mais de modifier peu à peu la manière dont le corps réagit à l'espace clos. Si vous voulez en savoir plus sur ma manière de travailler, vous trouverez des repères sur la page hypnose et claustrophobie à Paris.
Préparer une IRM quand on est claustrophobe
L'IRM est souvent le moment où la claustrophobie devient un vrai problème, parce que l'examen est nécessaire et qu'on ne peut pas toujours le repousser. Quelques repères pratiques :
- Prévenez le centre d'imagerie au moment de prendre rendez-vous. Les équipes y sont habituées et peuvent vous expliquer le déroulé, vous laisser voir la salle avant ou adapter l'installation.
- Renseignez-vous sur les appareils : certains centres disposent d'IRM plus larges ou ouvertes, selon le type d'examen demandé.
- Parlez-en à votre médecin : selon les cas, il peut proposer une aide médicamenteuse ponctuelle. C'est sa décision, pas la mienne.
- Demandez la sonnette d'appel et gardez-la en main : savoir que l'on peut interrompre l'examen rassure souvent beaucoup.
- Fermez les yeux avant d'entrer dans le tunnel, et gardez-les fermés : beaucoup de personnes trouvent cela plus facile.
- Asseyez-vous confortablement, pieds au sol, et fermez les yeux si vous le souhaitez.
- Respirez lentement, sans forcer : inspirez par le nez, puis laissez l'expiration être un peu plus longue que l'inspiration.
- Imaginez autour de vous une bulle souple et transparente, qui avance avec vous et où l'air circule librement.
- Choisissez sa couleur, sa température, peut-être un parfum léger. Plus c'est précis, mieux c'est.
- Imaginez maintenant entrer dans un ascenseur avec cette bulle autour de vous. Observez votre respiration rester lente. Restez quelques instants, puis imaginez la porte s'ouvrir.
- Revenez en ouvrant les yeux, en bougeant doucement les mains.
Pratiquez d'abord au calme, plusieurs jours de suite, avant de l'utiliser dans une situation réelle. Si vous ressentez un malaise, arrêtez simplement l'exercice et ouvrez les yeux.
Avancer par petites étapes
Que vous soyez accompagné ou non, la progression compte plus que la vitesse. Vous pouvez par exemple commencer par rester dans un ascenseur à l'arrêt, portes ouvertes, puis monter d'un seul étage accompagné, puis seul, puis plusieurs étages. Notez votre niveau d'anxiété de 0 à 10 à chaque étape, et ne passez à la suivante que lorsque la précédente est devenue supportable. Chaque petite réussite compte.
Combien de temps pour aller mieux ?
C'est la question que l'on me pose le plus souvent. Les premiers changements se font en général assez vite, souvent dans les 3 à 5 premières séances, bien sûr le nombre de séances varie selon chacun et je ne peux pas annoncer de résultat. Le travail entre les séances, avec l'auto-hypnose et les petites expositions, compte beaucoup.
Si vous souhaitez en parler, vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange, au cabinet ou en visio. Je vous dirai honnêtement si l'hypnose me semble adaptée à votre situation, ou si une TCC avec exposition doit passer en premier.