10 pistes pour limiter ses regrets, et un exercice du soi futur

Par Alain Zenatti | 14 mars 2026 | 7 min de lecture
10 pistes pour limiter ses regrets, et un exercice du soi futur

Ce que la recherche dit des regrets, dix pistes de réflexion et un exercice de projection vers le soi futur.

Se projeter dix ans en avant change la question : on passe de « que dois-je faire ? » à « de quoi serai-je content plus tard ? » — et les réponses sont souvent plus claires qu'on ne le croit. Les recherches sur les regrets montrent des tendances constantes : on regrette davantage ce qu'on n'a pas fait que ce qu'on a fait, et les regrets les plus tenaces concernent les relations, l'authenticité et les occasions manquées. Dans cet article, je vous propose dix pistes que l'on retrouve souvent quand on réfléchit aux regrets — pas des injonctions, mais des invitations à se poser les bonnes questions. Je vous propose aussi un exercice de projection dans le futur, inspiré de l'hypnose, pour dialoguer avec la personne que vous serez dans dix ans et voir ce qu'elle aurait à vous dire.

Ce que l'on sait des regrets

Les psychologues Thomas Gilovich et Victoria Medvec ont étudié la façon dont les regrets évoluent avec le temps. Dans un article de 1995 (Psychological Review), ils rapportent que, sur le court terme, on regrette surtout les actions que l'on a entreprises et qui ont mal tourné, alors que sur le long terme, ce sont plutôt les occasions manquées, ce que l'on n'a pas fait, qui pèsent. Ce résultat a été retrouvé dans plusieurs études, mais il n'est pas une loi : certains regrets d'action restent douloureux, et la nature du regret dépend beaucoup du contexte et de la culture.

Une nuance : on lit souvent que les personnes en fin de vie regrettent surtout telle ou telle chose. Ces listes viennent le plus souvent de témoignages recueillis par des soignants (comme ceux de Bronnie Ware), qui sont touchants mais ne constituent pas une étude scientifique. Prenez-les comme des invitations à réfléchir, pas comme des statistiques.

La projection vers le soi futur

Se projeter dans l'avenir pour regarder sa vie actuelle est une technique utilisée en hypnose, en coaching et dans plusieurs courants de psychologie. La recherche sur le « soi futur » suggère qu'il nous est parfois difficile de nous sentir concernés par la personne que nous serons : Hal Hershfield et ses collègues ont, par exemple, montré que le fait de voir une image vieillie de soi pouvait, dans leurs expériences, modifier certaines décisions financières. Ces résultats sont intéressants mais restent limités, et ne garantissent pas un changement durable de comportement.

Dix pistes de réflexion

1. Dire à ceux qui comptent qu'ils comptent

On retient souvent ces mots par peur d'être vulnérable ou de ne pas être entendu. Un message, un appel, une lettre peuvent suffire. Vous n'avez pas à tout dire d'un coup.

2. Prendre soin de sa santé

Sommeil, mouvement, alimentation, suivi médical : ce sont des investissements dont on ne regrette en général pas les bénéfices. Les changements d'habitudes demandent du temps et de la régularité. L'hypnose peut accompagner certaines personnes dans cette démarche (détente, imagination d'un nouveau quotidien), sans remplacer un suivi médical.

3. Chercher un travail qui a du sens pour soi

Pas forcément le métier de rêve : plutôt un travail et des conditions qui respectent vos valeurs et votre équilibre. Ce n'est pas toujours possible tout de suite ; on peut agir par petits ajustements (missions, horaires, projets annexes) ou préparer une évolution.

4. Poser les écrans pour être là

Être présent à ce que l'on vit est un sujet central de la pleine conscience, qui dispose de nombreuses études sur le stress et l'attention, avec des résultats variables selon les personnes.

Mini-exercice d'ancrage au présent

Posez les deux pieds à plat sur le sol et fermez les yeux. Nommez mentalement cinq choses que vous entendez, trois sensations physiques et une odeur. Restez là deux minutes. Pratiquez-le une fois par jour, sans écran. C'est un exercice d'attention, simple et accessible, sans prétention thérapeutique.

5. Défendre ses valeurs plutôt que suivre la masse

Beaucoup de personnes disent avoir mené une vie dictée par les attentes des autres. Identifier ses valeurs (liberté, justice, créativité, famille, loyauté) donne un repère pour choisir. Les thérapies d'acceptation et d'engagement (ACT) en font un outil central.

6. Choisir ses relations

Nos relations influencent notre bien-être. Prendre du recul sur celles qui nous épuisent, entretenir celles qui nous nourrissent, oser en créer de nouvelles : c'est un travail de long terme qui touche aussi à l'estime de soi.

7. Accepter les moments imparfaits

Le perfectionnisme pousse à attendre les conditions idéales. Or celles-ci n'arrivent presque jamais. Savourer l'imparfait est un apprentissage, pas un don.

8. Investir en soi

Formation, lecture, thérapie quand elle est utile, voyages, apprentissage : tout ce qui nourrit la curiosité et la connaissance de soi. Choisissez des approches dont le sérieux est vérifiable.

9. Aller vers une vie qui vous ressemble

Pas une vie qui impressionne : une vie cohérente avec ce que vous valorisez. Ce chemin est personnel, et il n'est jamais fini.

10. Ne pas se rendre malheureux pour rien

Ruminations, autocritique incessante, inquiétudes : l'esprit peut être son propre critique. Apprendre à les repérer et à s'en distancier est un travail réel, pour lequel les thérapies cognitives et comportementales, la pleine conscience et la compassion envers soi (Kristin Neff) sont les approches les mieux étudiées. L'hypnose peut accompagner la détente et l'imagination, mais je ne prétends pas qu'elle « change le cerveau » de façon spécifique : les études d'imagerie sur l'hypnose sont encore préliminaires.

Un exercice : la lettre du soi futur

Dialoguer avec soi dans dix ans

  1. Installez-vous au calme, fermez les yeux, respirez lentement quelques instants.
  2. Imaginez-vous dans dix ans : où êtes-vous, avec qui, que faites-vous, comment vous sentez-vous ? Restez dans le réaliste plutôt que dans l'idéal.
  3. Depuis cette place, regardez la vie que vous menez aujourd'hui. Qu'est-ce qui vous semble important ? Qu'est-ce qui vous semble secondaire ?
  4. Demandez-vous : « Que dirais-je à la personne que je suis aujourd'hui ? »
  5. Revenez, ouvrez les yeux, puis écrivez quelques lignes : une lettre de ce soi futur à vous-même, avec un conseil et un petit pas à faire cette semaine.

Si cet exercice fait émerger une tristesse ou une angoisse importante, arrêtez-vous et parlez-en à un professionnel. Il s'agit d'un exercice de réflexion, pas d'une prédiction de l'avenir.

Important : les regrets et le sentiment d'avoir « raté sa vie » peuvent aussi être un signe de dépression, notamment s'ils s'accompagnent d'une tristesse persistante, d'une perte d'intérêt ou d'idées noires. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin. En cas d'idées suicidaires, appelez le 3114 (24 h/24, gratuit).

En résumé

Se demander ce que l'on regrettera, c'est une façon de clarifier ce qui compte pour soi. Aucune liste ne vaut pour tout le monde. Si vous souhaitez être accompagné(e) dans cette réflexion, vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange : je vous dirai honnêtement si l'hypnose me semble adaptée à votre situation.

Alain Zenatti
Hypnothérapeute, maître en hypnose ericksonienne
Cabinet Le Marais-Bastille https://novahypnose.fr

Questions fréquentes

Comment faire des choix que je ne regretterai pas ?

Il n'existe pas de recette, mais des repères : clarifier ses valeurs, ralentir pour les décisions importantes, demander des avis extérieurs, et se rappeler que, sur le long terme, on regrette souvent davantage ce qu'on n'a pas fait (Gilovich et Medvec, 1995). L'hypnose peut aider à se détendre pour réfléchir, sans décider à votre place.

Qu'est-ce que l'exercice du « soi futur » ?

C'est une projection guidée où l'on s'imagine dans dix ou vingt ans pour regarder sa vie actuelle avec du recul. C'est un exercice de réflexion, pas une prédiction de l'avenir.

Combien de séances faut-il pour clarifier ses choix de vie ?

Les premiers changements se font en général assez vite, souvent dans les 3 à 5 premières séances, bien sûr le nombre de séances varie selon chacun et je ne peux pas annoncer de résultat. Cela dépend de la situation et de la personne. Un échange avec un psychologue ou un coach peut aussi aider à clarifier ses valeurs.

Peut-on travailler ses regrets passés en hypnose ?

On peut parler de ses regrets, les écrire, se projeter autrement. L'hypnose peut offrir un cadre de détente pour cela, sans effacer le passé ni garantir de soulagement. Des regrets envahissants ou une tristesse persistante méritent un avis médical ou psychologique.

L'hypnose est-elle efficace pour changer durablement ses habitudes ?

Je ne connais pas d'étude solide qui le montre de façon générale. Les changements durables passent surtout par la répétition, l'environnement et le soutien. L'hypnose peut soutenir la motivation et la détente, sans promesse.